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Mission Française des fouilles de Taposiris Magna

La nécropole hellénistique de Plinthine

La nécropole hellénistique de Plinthine est située à environ 1 km à l’ouest de la ville du même nom. Elle est localisée au sommet d’une colline dominant la mer Méditerranée, au nord, et le lac Mariout, au sud. Offrant un point de vue agréable, elle était surtout visible de tous. Le voyageur ne pouvait manquer d’apercevoir les monuments funéraires édifiés à la mémoire des Grecs installés dans la chôra d’Alexandrie. Plusieurs générations ont en effet inhumé les leurs au moins durant le IIIe et le IIe siècles avant J.-C. Cette utilisation limitée dans le temps, si elle se confirmait, en ferait un site exceptionnel permettant alors une approche précise des pratiques funéraires hellénistiques…à la différence des ensembles funéraires d’Alexandrie qui ont souvent été utilisés pendant des siècles jusqu’à l'Antiquité tardive (la Nécropolis en est sans doute le meilleur exemple). D’autant plus que le vent de la mer et, plus rarement, du désert, a fossilisé des aménagements relativement fugaces, révélant des détails inédits de la gestion des hypogées en surface comme en profondeur. Ainsi, la nécropole de Plinthine est l’occasion de comprendre comment, et à partir de quand, les Grecs de la campagne alexandrine, venus là avec leurs coutumes funéraires (crémation, inhumations avec offrandes traditionnelles etc.), se sont laissés gagner par la mode égyptienne. La question a souvent été traitée jusqu’à présent du point de vue du décor des tombes. Les aménagements architecturaux et la façon dont les gens se sont occupés de leurs proches sont une autre voie de recherche très prometteuse.

Cette nécropole, qui occupe un espace d’une centaine de mètres de long pour environ une cinquantaine de large, comporte, à ce jour, moins d’une centaine de tombes. Mais, sous ce vocable se cache une grande diversité de types, de la sépulture simple à l’hypogée communautaire ; tous creusés dans le rocher, mais leurs formes et dimensions sont variées. Les tombes les plus impressionnantes sont les hypogées auxquels on accède par un escalier (dromos), couvert ou non. Ce dernier mène à une cour plus ou moins carrée, formant souvent un puits au niveau haut. C’est dans la cour, ou dans les pièces qu’elle dessert, que se trouvent les loculi. Ces niches creusées dans les parois, selon des dimensions qui ne varient que très peu, accueillent un ou plusieurs corps. Elles sont sans conteste le signe le plus visible de la gestion collective de ces ensembles.

Si quelques noms gravés au-dessus de certains loculi offrent des pistes sur l’identité des défunts, ces derniers sont réduits maintenant à l’état d’ossements. Leur analyse permet de définir l’identité biologique des individus dont ils proviennent. Des hypothèses peuvent alors être formulées quant au dépôt de plusieurs individus dans le même loculus ou sur la place des enfants selon leur âge dans l’ensemble de la nécropole. Mais les informations qu'apportent surtout les os, étudiés dans leur contexte de découverte, concernent l’étude des gestes funéraires. La position des os, dans la sépulture ou les uns par rapport aux autres, permettent en effet de retrouver des éléments disparus avec le temps : coussin funéraire, linceul… Les observations de terrain et l’enregistrement (photo)graphique pallient de fait les dégradations dont la cause est à rechercher dans un taux d’humidité relative élevé.

bdp
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